Choisir un cheval pour la pratique thérapeutique : biomécanique, comportement et conformation

Introduction

Dans le cadre de l’hippothérapie, le cheval constitue un partenaire thérapeutique dont les caractéristiques locomotrices et morphologiques influencent directement la nature des stimulations transmises au patient.

Le choix du cheval ne peut donc se limiter à des critères de docilité ou de tempérament. Il doit intégrer une analyse fine de la locomotion, du comportement et de la conformation morphologique, afin d’adapter au mieux l’équidé aux objectifs thérapeutiques et aux caractéristiques du patient.

Caractéristiques locomotrices

Les propriétés locomotrices du cheval influencent la nature des stimulations transmises au cavalier.

Les critères analysés incluent notamment :

  • Régularité du pas
  • Amplitude des mouvements
  • Symétrie locomotrice
  • Stabilité de l’allure
  • Qualité du mouvement du dos

Un pas régulier et stable permet au patient de développer des ajustements posturaux plus cohérents et prévisibles.

Conformation morphologique du cheval

La morphologie du cheval joue un rôle majeur dans la nature des contraintes biomécaniques appliquées au patient.

La largeur du dos et de la cage thoracique influence directement la position des hanches du cavalier.

Un cheval présentant une largeur importante peut induire une ouverture importante des hanches chez le patient. Cette caractéristique peut être :

Bénéfique dans certaines situations, par exemple chez des patients présentant :

  • Un déficit de tonus postural
  • Des genoux valgus
  • Des difficultés de redressement du tronc
  • Certaines déficiences intellectuelles où l’ouverture des hanches favorise l’alignement postural.

Cependant, cette même configuration peut être inadaptée voire risquée pour d’autres patients, notamment ceux présentant :

  • Un risque de subluxation de hanche
  • Des rétractions articulaires
  • Certaines pathologies orthopédiques.

Dans ces situations, un cheval trop large peut imposer des contraintes excessives au niveau des articulations coxo-fémorales.

La sélection du cheval doit donc prendre en compte :

  • La largeur du dos
  • La forme du garrot
  • La longueur du dos et de la surface portante
  • L’amplitude locomotrice

Afin d’adapter la stimulation biomécanique aux caractéristiques du patient.

Tempérament et comportement

Outre les caractéristiques morphologiques et locomotrices, le cheval doit présenter des qualités comportementales spécifiques :

  • Stabilité émotionnelle
  • Tolérance aux stimulations
  • Capacité d’adaptation aux situations thérapeutiques

Ces qualités sont indispensables pour garantir la sécurité des séances.

Formation du cheval thérapeute

Le cheval doit être progressivement préparé aux situations rencontrées lors des séances d’hippothérapie :

  • Présence de matériel médical
  • Présence de plusieurs intervenants autour de lui
  • Mouvements inhabituels du patient
  • Interventions du thérapeute

Cette préparation contribue à créer un environnement sécurisé et prévisible pour le patient.

Conclusion

La sélection du cheval constitue une étape fondamentale dans la mise en place d’un dispositif d’hippothérapie. Elle nécessite une analyse combinant locomotion, comportement et conformation morphologique afin d’adapter au mieux l’équidé aux objectifs thérapeutiques.

Ces questions sont développées et approfondies dans la formation longue en réadaptation et rééducation assistées par le cheval proposée par l’Institut Européen de Réadaptation et Rééducation par le Cheval (IERRC).

 

 

Sophie Olivetti-Ciry
Orthophoniste
Directrice de l’Institut Européen de Réadaptation et Rééducation par le Cheval (IERRC)

 

 

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